Lolita – Vladimir Nabokov

Lolita

Titre : Lolita

Auteur : Vladimir Nabokov

Date de parution : 1955

467 pages

Edition : Gallimard

Collection Du monde entier

Résumé : 

Ce livre est la longue confession, rédigée en prison, du narrateur Humbert Humbert qui s’est pris d’amour pour une fillette de 12 ans.

Avis : 

Lolita est un livre qui a fait polémique en son temps du fait de son thème choquant. Nabokov énuméra d’ailleurs les autres thèmes tabous dans la société américaine en cette moitié de XXème siècle : « un mariage entre un homme de couleur et une femme blanche qui se révèle être une totale et magnifique réussite et se solde par une ribambelle d’enfants et de petits enfants ; et l’athée invétéré qui mène une existence heureuse et utile, et meurt dans son sommeil à l’âge de cent six ans ». Cela prête à sourire mais le thème du livre de Lolita reste tabou au XXIème siècle puisqu’il relate le roadtrip d’Humbert Humbert, un pédophile, avec une « nymphette », gamine de 12 ans, dont il se prétend le père. Humbert Humbert est un homme détestable qui, toutefois, sous la plume de Nabokov, arrive à transmettre au lecteur ses plus sombres pensées de sorte qu’on ne puisse arrêter la lecture malgré un début rebutant sur le fond. Au début, je lisais ce livre de manière plus fragmentée du fait de cette ambiance malsaine installée avec brio. Cependant, les scènes cruelles sont suggérées et les détails nous sont épargnés. HH relate surtout l’amour qu’il a développé pour cette enfant non consentante et les tourments qu’il en résulte. Cet amour, qualifié ainsi par le narrateur et dont le lecteur ne partage pas la vision, est ambigu et malsain. Le narrateur lui-même se rend compte qu’il ne connaît pas Lolita outre mesure, qu’il y a des pensées chez elle qu’il ne soupçonnait pas, que du fait de sa relation malsaine et non consentie avec elle, il ne pouvait creuser sa carapace, parler avec elle comme un père avec sa fille (et encore moins comme un homme à sa femme, serais-je tenter d’ajouter!). Même si jusqu’aux dernières lignes il prétend l’aimer, il avoue à maintes reprises avoir sali son existence. Cependant, il ne cesse à aucun moment ses agissements.

Page 421, il déclare « j’ai souvent remarqué que, vivant comme nous le faisions, elle et moi, dans un monde où régnait le mal absolu, nous devenions tous les deux étrangement gênés chaque fois que j’essayais de discuter de quelque chose […] ».

La deuxième partie est moins difficile à lire, on commence à s’habituer à l’indicible et on est fasciné par l’écriture de Nabokov.

« Je t’aimais, j’étais un monstre pentapode, mais je t’aimais. […] Il y avait des jours où je savais ce que tu ressentais, et c’était pour moi un supplice infernal, mon enfant ».

Là est toute l’ambigüité du personnage, l’ambiance de ce roman dont il faut retenir une esthétique (non éthique certes) qui fait que même si le lecteur ne s’identifie pas au narrateur, il reste happé par le livre. Il convient donc de se laisser porter par l’esthétique du roman et de laisser de côté toute analyse ou toute comparaison mal placée avec des faits divers actuels par exemple. Je cite donc Nabokov qui, dans un article de 1956, déclare : « C’est pur enfantillage que de vouloir étudier une œuvre de fiction en vue d’y puiser des renseignements sur un pays, sur une classe sociale ou encore sur l’auteur. » Je ne peux qu’approuver cela en ce qui concerne ce livre précisément.

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