Les réputations – Juan Gabriel Vasquez

les réputations

Titre : Les réputations

Auteur : Juan Gabriel Vásquez

Nombre de pages : 192

Sortie en vf en 2014

Editions Seuil

Existe en format poche chez les éditions Points

 

C’est la première fois que je lis cet auteur colombien et plutôt une belle surprise.

Résumé 4ème de couverture :

Célèbre caricaturiste politique colombien, pouvant faire tomber un magistrat, renverser un député ou abroger une loi avec pour seules armes du papier et de l’encre de Chine, Javier Mallarino est une légende vivante. Certains politiciens le craignent, d’autres l’encensent. Il a soixante-cinq ans et le pays vient de lui rendre vibrant hommage, quand la visite d’une jeune femme le ramène vingt-huit années en arrière, à une soirée lointaine, à un « trou noir ».
Qu’avait fait ce soir-là le député Adolfo Cuéllar et qu’avait vu exactement Javier Mallarino ? Deux questions qui conduisent le dessinateur à faire un douloureux examen de conscience et à reconsidérer sa place dans la société.

Mon avis : 

Le résumé de ce livre m’attirait beaucoup et donc le thème : le pouvoir de la caricature en Colombie. C’est pour cela que j’ai été particulièrement captivée par la première partie du livre. En effet, ce livre est divisé en trois parties. J’ai beaucoup aimé la structure du roman et j’ai trouvé le découpage assez judicieux. Outre ces parties, l’auteur alterne le passé, le présent et le futur. L’énigmatique phrase de la reine de coeur (Alice au pays des merveilles) semble avoir une certaine emprise sur tout le roman : « c’est une pauvre mémoire que celle qui ne fonctionne qu’à reculons. « 

D’abord, la partie concernant la cérémonie d’hommage nous fait profiter de beaucoup de réflexions de la part de l’auteur. J’ai vraiment adoré cette partie. Le reste du livre n’est pas en reste sur ce côté réflectif, mais le début pose le sujet et m’a donc marqué.

Les grands caricaturistes n’attendent d’applaudissements de personne, ils ne dessinent pas pour cela : ils dessinent pour déranger, incommoder, être insultés. On m’a insulté, on m’a menacé, on m’a déclaré persona non grata, on m’a interdit l’entrée de certains restaurants, on m’a excommunié. Et j’ai toujours réagi de la même manière, ma seule réponse aux plaintes et aux agressions a été la suivante : les caricatures peuvent forcer la réalité, pas l’inventer. Elles peuvent déformer, jamais mentir.

La seconde partie était plus addictive quoique différente. On entre dans le vif du sujet : l’examen de conscience de Mallarino déclenché par un certain événement, l’occasion pour lui de faire travailler sa mémoire.

Et Mallarino songeait à cette curieuse tournure, faire travailler sa mémoire, comme si la mémoire était malléable, comme si on pouvait en disposer à partir de certains matériaux, en exerçant sur elle un simple effort physique. La mémoire serait alors semblable à une de ses horribles fontaines taillées dans les carrières de la montagne et exposées au bord des routes, et quiconque pourrait en remonter le fil à condition d’avoir le talent, les outils et opiniâtreté nécessaire.

C’est un passage à la fois stupéfiant et dérangeant. Malgré le résumé du livre, je ne m’attendais pas vraiment à cette tournure des événements. (ok, je n’avais pas vraiment lu le résumé) Cet exercice de mémoire place Mallarino face au doute. J’ai trouvé ça génial et cela a vivement suscité mon intérêt. En revanche, je ne sais trop comment prendre la dernière partie du livre. Ce court roman a été addictif et réflectif jusqu’au bout, mais je l’ai refermé avec une étrange sensation. Le dénouement est magistral et clôt le roman avec brio. Mais, je ne sais pas, je suis restée sur ma faim. En relisant la fin, je ne vois pas pourquoi. Elle est assez mystérieuse. Je pense que mon esprit cartésien voulait des réponses plus claires, même si l’auteur a fait exprès de ne pas les donner. 

J’ai du mal à mettre le doigt sur cette petite chose qui m’empêche de faire de ce livre un coup de coeur. A vrai dire, malgré le fait que le livre m’ait bluffé pour pas mal d’aspects, je n’ai pas tellement aimé le narrateur. Cela ne m’a pas tellement gêné durant la lecture, mais quand j’ai refermé le livre, je me suis dit que Mallarino n’était définitivement pas le caricaturiste que j’attendais. Je ne savais pas comment le cerner, et je pense qu’il est important de bien le comprendre pour suivre son cheminement… et du coup, la fin m’a paru un peu surfaite. C’est un sentiment assez ambiguë que d’avoir trouvé cette fin à la fois magistrale et surfaite. C’est la première fois que ça m’arrive. Du coup je ne sais pas si je suis claire. ?

En gros, j’ai aimé :

+ les thèmes du pouvoir de la caricature et de la mémoire.

+ Les réflexions très intéressantes qui en découlent

+ l’écriture, c’est vraiment un très beau texte (et une belle traduction)

+ la construction du récit, addictif et réflectif, avec la dose de suspens qu’il faut

Je n’ai pas aimé :

le personnage complexe de Mallarino qui m’a perdu. Cela dit, l’auteur s’est énormément documenté pour le façonner comme vous pouvez le voir plus bas dans sa note.

la fin qui, bien que magistrale, m’a laissé sur ma fin : je n’ai pas eu toutes les réponses que je voulais mais je ne saurais dire si j’aurais voulu une autre fin.

En bref, je ne suis pas passée loin du coup de coeur et j’ai bien envie de relire ce livre un jour. J’ai l’impression d’être passée à côté d’un petit quelque chose mais mon avis reste très positif. J’ai adoré les réflexions sur ces thèmes et l’écriture de Vasquez est un délice. N’hésitez pas à vous lancer dans cette lecture !

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6 réflexions sur “Les réputations – Juan Gabriel Vasquez

  1. Il faut vraiment que je le lise, celui-là… J’aime beaucoup les auteurs sud-américains en général, je pense que ça me plairait d’après ta chronique.
    Et si je le lis, j’essaierai de venir partager mon avis sur la fin par ici ^^ (sérieusement, ce que tu en dis me rend vachement curieuse).

    Aimé par 1 personne

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