La couleur du lait – Nell Leyshon

la couleur du lait

Titre : La couleur du lait

Auteur : Nell Leyshon

sortie vf 2014

Editions Phebus & 10/18 (en poche)

Nombre de pages : 186

Lu en ebook

Ma première lecture avec le club de lecture du Pingouin Vert. N’hésitez pas à nous rejoindre, nous sommes en train de voter pour notre prochaine lecture et il y en a pour tous les goûts! Ici vous trouverez les avis de tous les participants !

Je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce petit livre. Toutefois, j’ai l’impression qu’il ne m’a touché autant qu’il aurait dû. C’est tout de même un livre qui vaut le détour. Court à lire, il n’en est pas moins marquant. Au sein du Club, beaucoup ont trouvé la fin surprenante mais je l’ai devinée assez rapidement (le fait qu’on nous dise dès le début qu’il va arriver un truc m’a fait réfléchir à une hypothèse, sans ça, je ne m’y serais pas attendu). Cela a peut-être influencé mon impression finale du coup !

Résumé : 

En cette année 1831, Mary, une fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible et sévère, en bref, une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, lucide et impitoyable, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée travailler chez le pasteur Graham, afin de servir et tenir compagnie à son épouse, femme fragile et pleine de douceur.
Elle apprend avec elle la bienveillance, et découvre avec le pasteur les richesses de la lecture et de l’écriture.. mais aussi l’obéissance, l’avilissement et l’humiliation. Finalement, l’apprentissage prodigué ne lui servira qu’à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.

Mon avis : 

 

Un style particulier mais judicieux

« des fois la mémoire c’est bien car sans les souvenirs il ne reste rien de la vie. mais d’autres fois elle retient des choses qu’on préférerait oublier et après on a beau essayer de s’en débarrasser elles reviennent quand même. je vais continuer mais pas tout de suite. » (p75 en ebook)

Non, il n’y a pas d’erreur, le livre est bien écrit ainsi. Pas de majuscule, pas de ponctuation en dehors des points, une syntaxe approximative par moment… Bon, ce n’est pas un point qui m’a vraiment dérangé. Puisque c’est écrit à la première personne du singulier, par une fille de 15 ans qui vient d’apprendre à écrire, je trouve le choix plutôt judicieux. J’aurais quand même aimé avoir ne serait-ce que les majuscules, car c’est un petit peu perturbant. Une fois qu’on est dedans, on n’y prête plus grande attention. Cela nous permet même de commencer à nous attacher au personnage…

Une héroïne très attachante.

« tu devrais pas causer comme ça.(sa soeur)
je cause comme je veux. (Mary)
un jour ça te vaudra des embêtements.
des embêtement?
oui. des embêtements.
j’ai mis mes mains sur mes hanches.
des embêtements je m’en attire toujours. mais ça m’a jamais empêchée de dire qu’est-ce que je pensais. » (p8)

On est très vite immergé dans la vie de Mary, une dure vie de labeur à la ferme avec son père qui la fait travailler dur, elle et ses sœurs, puis en tant que femme de compagnie de la femme du pasteur Graham chez qui elle est obligée de travailler. C’est son père qui récolte le fruit de son travail, elle n’a donc pas le choix et préfère sa vie à la ferme même si elle a tout ce qu’il faut chez les Graham. Ces derniers sont bienveillants avec elle, le pasteur va même lui enseigner la lecture et l’écriture. Mary a un caractère bien trempé, j’ai vraiment adoré le personnage. C’est pour moi le point fort du roman. Elle est franche avec ses employeurs, brisant quelques règles de bienséance, mais ça ne l’empêche pas d’être très appréciée. Vu ce qui lui arrive par la suite, le choix de sa personnalité est vraiment génial. Je ne peux pas trop développer mais rien que pour elle, le récit vaut le coup d’être lu. J’ai l’impression de ne pas avoir été touchée comme j’aurais dû l’être par la fin, mais j’ai ressenti pas mal d’émotions dans la dernière partie. La personnalité de Mary y est vraiment pour beaucoup.

Un récit lent avec une fin brutale.

J’aime beaucoup ce style de roman. Les 3 / 4 du récit sont racontés avec lenteur. On assiste à sa vie de fermière, puis de femme de compagnie. Au début, c’est intéressant mais rien de spécial. J’ai beaucoup aimé mais j’avais quelques attentes sur la fin. Du coup, j’avais déjà deviné. Est-ce la faute au suspens annoncé du début ? Je ne vous spoile même pas en vous disant qu’il va se passer un truc bouleversant, c’est dit dès le début. Du coup, j’ai fait une hypothèse et c’était la bonne. Le pire, c’est que le récit est tellement bien mené que je commençais à croire que je m’étais trompée avant la dernière partie. Bon, j’ai trop gambergé, quand je relis des passages, c’était pas si évident. Disons qu’on a la Mary du récit, la Mary du passé, et de temps en temps elle revient vers le lecteur pour dire qu’elle arrête d’écrire car c’est dur pour elle. On a donc vraiment cette coupure de Mary du présent et Mary du passé, comme si elle n’était plus vraiment la même. J’ai senti le truc, c’était logique selon moi. Après, la majorité des gens ont trouvé la fin surprenante. Moi un peu moins. N’empêche que la dernière partie du récit demeure poignante.

En bref, ce livre vaut le coup rien que pour le personnage de Mary. J’espère que si vous le lisez, vous aurez la surpris de la fin. Il n’en sera que plus bouleversant.

club

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15 réflexions sur “La couleur du lait – Nell Leyshon

  1. Le fait qu’il n’y ait pas de majuscule ne m’a pas dérangée plus que ça; j’ai longtemps écrit sur mon blog sans mettre les majuscules, ne me demande pas pourquoi, peut-être juste pour ne pas respecter la règle pour une fois 🙂
    Bouleversante petite Mary… J’allais ajouter autre chose mais ce serait dévoiler la fin 🙂

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      1. J’avoue que pour une fois, je n’ai pas pu me retenir d’en parler! mais j’ai bien prévenu avant sur mon billet que j’allais spoiler ^^

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  2. Les écritures particulières ont tendance à me rebutter, j’ai toujours peur que l’histoire ne soit pas claire! Mais ce que tu dis de ce roman pique ma curiosité, j’irai donc peut être le lire si j’en ai l’occasion…

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    1. Il se lit en quelques heures et cette particularité donne l’impression de lire un véritable témoignage. Le récit est assez clair. J’espère que tu auras l’occasion de le lire un jour. 🙂

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    1. Tu devrais aimer Mary ! Certains ont eu du mal à s’attacher à cause du style (j’ai mis le lien vers les chroniques des autres en haut), mais ça ne m’a empêché !

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  3. Je suis de ton avis concernant le personnage de Mary, c’est elle qui fait le roman. Mais j’aurais aimé la découvrir sensible…
    J’ai trouvé aussi que c’était un récit long malgré le peu de pages qu’il contient. Au final j’ai ressenti beaucoup de manques pour l’apprécier pleinement.

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  4. Le style d’écriture, un peu bancal pour faire plus « vrai » et coller au personnage me fait penser à La voix du couteau de Patrick Ness. C’est un livre jeunesse que j’ai adoré, et l’écriture joue beaucoup !

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