Le secret du mari – Liane Moriarty

lesecretdumari

Le secret du mari, Liane Moriarty, le livre de poche (Albin Michel), 498 pages, 2013 vo, 2015 vf

« Jamais Cecilia n’aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n’ouvrir qu’après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l’ouvre et le temps s’arrête… John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu’elle vient d’apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu’elle aime souffriront. »

 

A l’occasion d’une LC sur livraddict, j’ai lu Le secret du mari. Le résumé et le prologue du roman laissent penser que nous suivrons Cécilia  dans la découverte du secret de son mari. Et bien, pas seulement. Bien qu’elle soit au coeur de l’intrigue principale, nous suivons trois femmes aux destins entrecroisés.

Elles ont chacune une histoire, ayant vécu ou vivant des épreuves difficiles qui vont du deuil aux difficultés de couple, et bien sûr la découverte d’un terrible secret. Je ne préfère pas en dire plus, sinon que le destin de chacune bascule en une semaine. C’est ainsi que se découpe le récit en 7 parties (du lundi au dimanche) contenant chacune plusieurs chapitres : sept jours qui vont tout changer avec, pour noyau du mystère, le secret du mari de Cécilia, laquelle découvre une lettre dans son grenier à n’ouvrir qu’après sa mort.

Tout ça, c’était à cause du Mur de Berlin.
S’il n’avait pas été question du Mur de Berlin, Cécilia n’aurait jamais trouvé la lettre et ne serait pas là, assise à la table de sa cuisine, à tenter d’ignorer la petite voix qui lui disait de l’ouvrir.
L’enveloppe, recouverte d’une fine pellicule de poussière, tirait sur le gris. Dessus, quelques mots d’une écriture aussi familière que la sienne, griffonnés au stylo-bille bleu. Au dos, une bande de ruban adhésif jauni. Quand l’avait-il écrite ? Visiblement des années plus tôt, mais comment s’en assurer ?
Elle ne l’ouvrirait pas. Elle ne devait pas l’ouvrir, c’était très clair. D’ailleurs, elle avait déjà décidé de ne pas l’ouvrir, et il n’y avait pas plus déterminé qu’elle, alors inutile de revenir là-dessus.
Quoique, honnêtement, si elle l’ouvrait, ce ne serait pas la fin du monde.

Le but de ce livre n’est pas seulement de découvrir le secret, mais comment vivre avec. La découverte du secret n’est donc pas une fin en soi. Ce fut tant mieux pour ma part car je l’avais deviné et je n’aurais pas aimé gamberger 500 pages sur ce secret plutôt prévisible. Au contraire, la réaction des personnages, leur psychologie est assez intéressante. Le secret inattendu pour eux permet de les remettre en question, de voir où sont leur limites. On ne sait pas de quoi on est capable tant que nous ne sommes pas confrontés à certaines choses. Il s’agit aussi de prendre des décisions, et d’assumer leurs conséquences.

Concernant les personnages, j’avoue qu’au début, je ne les aimais pas. Cecilia m’énervait (le côté wonderwoman mère parfaite et soucieuse des apparences) et je n’aimais ni les réactions de Tess, ni celles de Rachel… Puis dès la deuxième partie, j’ai commencé à les connaître mieux, à les apprécier et à revoir mes jugements. Les réactions de Cécilia sont les plus intéressantes, le secret la concernant de près, mais Rachel et Tess ne sont pas en reste. J’aurais toutefois aimé que le personnage du mari soit plus fouillé, après tout il s’agit de son secret. Lorsque la lettre est dévoilée, un des rares moments où il se met à nu, j’estime qu’elle aurait pu être plus touchante.

Je n’ai pas toujours été en accord avec les choix des personnages, mais ils étaient bien argumentés et cohérents. La façon de mêler un secret fort à la vie quotidienne plutôt banale fait penser à la série Desperate Housewives (même si je préfère la série, avec une plus grande importance des personnages masculins). Si j’ai apprécié ma lecture, je ne pense pas qu’elle me laissera un souvenir impérissable. Parfois, les tranches de vie servaient de prétexte et n’avaient pas de réels liens avec le secret. On se laisse tout de même porter par le récit. Ma déception sur les décisions de certains personnages ont un peu terni la fin de ma lecture, après tout c’est la vie et elle n’est pas parfaite. Le dénouement m’a laissé un petit goût amer.  (le destin de certains personnages)

L’épilogue est pourtant un des points forts du roman qui se termine sur une bonne chute, celle-ci me restera sûrement en mémoire.

En bref, même si le résumé peut s’avérer trompeur, j’ai aimé suivre ces trois femmes dans la tourmente jusqu’à la chute plutôt bien trouvée !

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6 réflexions sur “Le secret du mari – Liane Moriarty

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