L’héritage des rois-passeurs – Manon Fargetton

heritage

L’Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton, éditions Bragelonne, 2015

Résumé: La dernière héritière d’une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l’éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d’Ombre. Voici l’histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d’Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?


Ce livre traînais dans ma PAL numérique depuis un moment. Je remercie matoutepetiteculture pour cette lecture commune. Vous retrouverez son avis sur son blog.


Mon avis : J’ai de suite accroché à ma lecture ! Je ne me souvenais de rien du résumé, juste que ce roman était un one-shot, qu’il avait eu un prix et que je l’ai acheté en juillet dernier.^^

Si le prologue nous embarque directement dans un univers fantasy au côté du personnage de Ravenn, l’histoire commence dans notre monde avec Enora, qui ne soupçonne pas détenir un quelconque pouvoir et vit une vie normale.

On suivra donc le destin de ces deux femmes amené se rejoindre. Enora est un personnage qui m’a plu d’emblée, mais j’avoue qu’au fil de l’histoire, j’ai largement préféré Ravenn. Matoutepetiteculture a eu ce feeling dès le départ, mais j’ai trouvé que l’importance d’Enora s’effaçait au fil du récit, qu’elle avait des réactions que j’appréciais de moins en moins. A défaut d’être des plus crédibles, j’appréciais plutôt ses premières réactions, car elles avaient du piment ! Ravenn est cependant un de mes personnages chouchou. Partie de son royaume pour vivre sa vie comme elle l’entend (avec sa petite-amie), elle revient neuf ans après pour prendre le trône qui lui revient de droit. J’ai adoré cette femme ! Elle est badass, mais nuancée je trouve. Parfois, les femmes « garçon-manqué » sont représentées de manière exagérée, mais j’ai trouvé que Ravenn avait plusieurs facettes, ce qui la rendait à la fois crédible et attachante à mes yeux.

Ces deux jeunes femmes ont 20 et 26 ans. Je le précise, car j’ai vu que certains classaient ce livre dans le Young addult. Je ne suis pas de cet avis (même s’il pourra plaire aux fans de YA) car il n’y a pas le côté « initiatique » souvent présent, ou le côté « tabou » qu’on retrouve souvent dans ce genre où la jeune fille n’a jamais connu l’amour, etc. Là, l’amour est présent mais se marie bien au reste en dehors du couple Enora/Julian qui est trop peu développé pour être crédible (je préfère parler d’attirance, mais même ça n’est pas trop mis en avant. Leur histoire est inutile selon moi, mais elle ne prend pas trop de place). L’histoire de Ravenn, abordant l’amour LGBT, m’a vraiment plu notamment dans sa conclusion finale. Les héroïnes, qu’on les aime ou pas, sont plus matures que les héroïnes YA.

« La féminité n’est pas la soumission passive. […] Par femme, j’entendais adulte. Capable de décider de ton propre chemin. » (Ravenn)

Manon Fargetton laisse la part belle aux femmes, à la fois dans ces personnages féminins et masculins. Les personnages ne sont pas tous développés comme on le voudrait, mais on en rencontre aux caractères variés (Charly le solaire, Jana l’artiste, Lïam dont l’intelligence était moins apprécié dans son peuple qu’à Astria, etc.). On ressent un message qui nous encourage à développer ce qu’on est au plus profond de nous plutôt que de se conformer à ce que la société attend de nous, parce qu’on est homme, ou parce qu’on est femme. En plus des personnages, l’intrigue est également axée en partie sur la place des femmes qui sont les reines d’Ombre, mais que les hommes essaient de dominer malgré tout. En cela, l’histoire de Jana m’a beaucoup intéressée. Artiste libre en apparence, on se rend compte au fil du récit, que malgré son âge (la trentaine), elle ne s’est toujours pas trouvée, qu’elle n’est pas si libre que cela.

En dehors de Ravenn, je retiens surtout le personnage de Hank. C’est celui qui m’a le plus intriguée, et je n’ai pas été déçue ! C’est un personnage que j’ai trouvé un peu ambigu au départ, et j’avais hâte d’en savoir plus sur lui et sur son rôle. Je ne vous en dis pas plus. :’)

Concernant l’univers, j’ai trouvé qu’il était plutôt bien développé pour un one-shot, même si on en redemande ! Il recèle encore des histoires qui méritent d’être racontées. J’y ai aimé le concept de miroir entre Rive (notre monde) et Ombre (monde plutôt médiéval), celui des noirs portraits, la magie, le peuple d’Ombre…

J’ai cependant fait le rapprochement avec la quête d’Ewilan. Il y a pas mal de similitudes. Je me demandais si j’étais parano car je l’ai lu juste avant, mais l’auteur y fait bien référence : Gwendal est le dernier des Rois-Passeurs, le « Til' » dans les noms, un chapitre porte le titre « d’un monde à l’autre », etc. Il y a aussi l’arrivée d’Enora en Ombre, dans une Astria en pleine effervescence (comme Ewilan^^), mais l’auteure précise bien que la ville moyenâgeuse pue. Cela m’a fait pensé à Bottero qui précisais le contraire (Camille-Ewilan s’étonnait de voir une ville médiévale propre). Elle annonce la couleur : son histoire ne sera pas édulcorée.

J’ai hâte de lire le roman « les illusions de Sav-Loar » qui se déroule dans le même univers, avec des personnages différents, et qui promet d’être encore meilleur. Sav-Loar est une ville secrète créée par des femmes persécutées du fait de leur don magique (A Astria, les magiciens sont tous des hommes, et beaucoup pensent que, simplement, les femmes ne développent pas de pouvoir). Ca promet ❤

En bref, malgré quelques petits bémols, j’ai adoré ma lecture qui a été très addictive, avec des personnages féminins forts et un univers intéressant.

 

 

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19 réflexions sur “L’héritage des rois-passeurs – Manon Fargetton

  1. Pour te rassurer sur la paranoïa, je crois qu’il y a aussi une « pesanteur du genre » dans les livres de fantasy pour ados : tous les livres qui sortent finissent par ressembler à la dernière série à succès… Après Eragon, on a eu des dragons partout

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    1. Oui, c’est pour ça que j’aime bien varier les genres en général. ^^ Là, ça ne m’a pas dérangé car c’était l’univers qui faisait écho à la saga de Bottero, mais parfois ce sont toutes les ficelles du scénario et le caractère des personnages, ce que je trouve plus pesant.

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    1. Quand j’ai fini ce livre, je n’étais pas au courant et je me disais qu’un livre sur Sav-Loar serait génial… alors quand j’ai vu que c’était le cas, j’étais en joie ! J’ai vraiment hâte de le lire !

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  2. Un énorme coup de coeur pour ma part, avec un univers bien développé !

    Cela dit, je n’avais pas fait le rapprochement avec la série Ewilan, lue il y a très longtemps, mais… Ce vrai qu’il y a des ressemblances, sans que ça ne soit trop dérangeant, car ici, l’ambiance est quand même plus sombre, plus réaliste, je trouve 😉

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    1. Oui, pour avoir lu les deux à la suite, il n’y a pas photo. Ewilan est très jeunesse, mais je pense que Manon Fargetton y a puisé quelques inspirations tout en restant originale (rien que le perso de Ravenn, l’intrigue..) et ce fut addictif. J’ai vraiment hâte de lire les illusions de sav-loar !

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