Danish Girl – David Ebershoff

danishgirlDanish Girl, David Ebershoff (2000,Vo), éditions libretto 2012, 383 pages

À Copenhague, en 1925, Einar Wegener et Greta Waud, son épouse, forment un couple étonnant. Lui, peintre paysagiste reconnu, petit, délicat, est discret jusqu’à l’effacement. Elle, peintre également, est grande, américaine, blonde et issue d’une famille riche. Tous deux s’harmonisent étrangement jusqu’au jour où Greta, en l’absence de son modèle féminin, demande à son mari d’enfiler une paire de bas. De cette demande et du trouble qu’il en advient va naître Lili, qui petit à petit prendra le dessus sur celui qui l’a engendrée comme par inadvertance. Einar se sent femme. Il ne se déguise pas, ne joue pas. Il est celle qui peut tomber amoureuse, et désire donner la vie. Il sera le premier homme, en pleine montée du nazisme, à souhaiter physiquement changer de sexe. Une histoire vraie, celle du premier transsexuel connu, que David Ebershoff retrace ici avec une délicatesse et une force remarquables.

Mon avis

J’ai entendu parler de Danish Girl à la sortie du film, et le thème m’intéressait beaucoup. C’est à l’occasion du pretty book club, que je me suis lancée dans sa lecture !

Danish Girl, c’est donc l’histoire de la naissance de Lili, cette femme à l’intérieur d’Einar, peintre danois dans les années 1930. Si la quatrième de couverture précise qu’il s’agit d' »une histoire vraie », ce n’est pas vraiment une biographie fidèle. Bien que les faits soient proches de la réalité (il a lu le journal de la véritable Lili), l’auteur précise avoir romancé et inventé certains personnages. Néanmoins, je pense que cela a permis de créer de bons personnages justement.

D’emblée, nous suivons la timide transformation. Einar enfile un bas pour aider sa femme dont le modèle est absent. C’est là que s’opère en lui un déclic, et que tout commence. La naissance de Lili est très intéressante par bien des aspects. On sent très vite qu’Einar vit le personnage de Lili lorsqu’il se travestit, et que ce n’est d’ailleurs pas un rôle. Lili est une personne à part entière. Mais ni l’un ni l’autre, il ne faut les brusquer.

La femme d’Einar, en cela, est un personnage génial. Elle laisse son mari s’épanouir, et l’encourage malgré les difficultés que cela pourrait engendrer pour elle. Elle semble si bien le comprendre, parfois mieux que lui même. Leur relation est très touchante. Elle lui voue un amour inconditionnel et se fiche bien des conventions. Son amour est tellement désintéressée qu’elle le soutient sans qu’il ne le sache forcément. J’ai trouvé ça très beau.

J’ai aimé que l’auteur prenne le temps de nous évoquer le passé de chacune des personnes de ce couple. Prendre le temps de faire connaissance avec l’entourage d’Einar, puis de Lili, nous permet d’appréhender son éclosion. S’ils rencontrent des personnes intolérantes, j’ai été surprise par l’entourage proche de Lili, qui l’accepte comme elle est, essaie de comprendre, cherche des solutions, soutient. Car on est en 1930, et qu’en 2017 on rencontre encore pas mal de gens fermés d’esprit. Je m’attendais à ce que ces difficultés d’acceptation par les autres soient mis en exergue. Le plus important ici demeure l’acceptation de soi.

Elle avait du mal à comprendre comment on pouvait passer son temps à créer puis s’arrêter brutalement. Elle supposait que cette envie – ce besoin de se planter devant une toile blanche la tête bourrée d’idées et de craintes – s’était transférée sur Lili.

Pour autant, la vie n’est pas des plus faciles pour Einar, de plus en plus mal dans son corps. J’ai aimé comment l’auteur traite la question de l’identité (bien qu’elle puisse être traité différemment) et le quotidien d’Einar/Lili notamment lorsqu’Einar se donne un an pour aller mieux.

Lili (Gerda Wegemer)

Je ne vais pas détailler plus ce livre, qui n’est pas vraiment caractérisé par son action. J’ai mis un peu de temps à me mettre dedans. Puis, j’ai été happée par cette histoire, j’avais envie de savoir ce qu’il adviendrait de Lili, comment Einar s’en sortirait, s’il parviendrait à être heureux malgré tout. Que de questions qui m’ont tenu en haleine jusqu’à la fin. A cela s’ajout un style d’écriture est très agréable.

Certains ont reproché à la fin d’être imagé. Personnellement, j’ai beaucoup aimé cette fin, que j’ai trouvé belle et assez explicite.

A savoir : il a reçu en 2000 le prix Lambda Literary, qui récompense des livres LGBT, dans la catégorie transgenre.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce livre. Il m’a donné envie de voir le film, même si je pense laisser passer un peu de temps.

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11 réflexions sur “Danish Girl – David Ebershoff

  1. La peinture est magnifique … et l’histoire semble très intéressante!
    C’est un livre qui aurait pu attirer mon attention si je l’avais vu en librairie!
    Ca me gene toujours un peu ces biographies romancées cependant. Je préfère avoir un livre fidèle à la vie de la personne ou une fiction complete… C’est ce qui m’avais un peu gêné à la lecture de l’aviatrice sur la vie de Beryl Markham.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, j’adore ces peintures et je trouve dommage d’avoir changé la couverture du livre suite au film (même si l’affiche de film est esthétique). D’ailleurs, si ça t’intéresse, mais pas tant que ça, il parait que le film vaut le détour. Je n’ai pas lu l’aviatrice ! J’aime bien le côté romancé, tant que je suis au courant, mais c’est vrai que j’ai trouvé certains changements biographiques superflus.

      Aimé par 1 personne

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