Trainspotting – Irvine Welsh

transpoTrainspotting, Irvine Welsh, éditions Points (2013, nouvelle traduction), 1993 pour la vo, 438 pages.

Résumé : Ils sont quatre amis d’un quartier pourri d’Edimbourg partageant la même passion pour le délire à hauts risques, celui de la piquouse fatale et de l’héroïne, aussi efficacement destructrice qu’une bombe atomique dans un champ de coquelicots. Mais que faire d’autre quand on survit entre vols à l’étalage, assurance chômage, soirées glauques et baston à coups d’aiguilles à tricoter. Entre deux pintes de bière, chacun raconte sa vie et son quartier. Sick Boy qui voudrait travailler, Mark, persuadé de pouvoir décrocher, Spud, niais et complètement paumé et Matty qui ne touche pas à la dope, jusqu’au jour où il se laissera tenter. Pourtant, au milieu du désespoir, surnage une envie de vivre plus forte que tout le reste. S’en sortir grâce à un dernier coup de bluff, tenter le tout pour le tout.

Mon avis :

Depuis le temps que j’en entendais parler et voulais lire ce livre, c’est chose faite ! Je ne regrette pas du tout ma lecture. Je l’ai lu en lecture commune sur livraddict, pas très fréquentée, mais vous ne savez pas ce que vous avez loupé.^^

Retrouvez l’avis de Nelcie qui l’a lu en vo (chapeau!).

Pour ma part, si j’ai globalement beaucoup aimé ma lecture, certains points m’ont un peu gênée.

Une entrée en matière un peu difficile…

J’ai commencé ma lecture de manière trop innocente, un peu passive, et ça m’a joué des tours. On fait tour à tour connaissance avec les différents personnages dont nous parle le résumé. Cependant, parfois le narrateur change (ou pas) sans que l’on sache clairement qui parle ! Pour ne pas nous aider, les personnages répondent à plusieurs nominations : Mark, c’est Renton ou Rents; Beggar c’est Begbie, Franco, il y a aussi Sick Boy (Simon) et Spud… alors j’ai eu un peu de mal, notamment pour Tommy, qu’on ne voit pas beaucoup par rapport aux autres. Il y a peu de personnages, mais j’étais un peu perdue comme si je m’incrustais dans ce groupe d’amis sans nous présenter !

Une fois que j’avais digéré tous ces personnages, je m’aperçois qu’il n’y a pas vraiment de fil conducteur. Cela ne m’a pas gêné, car j’aime beaucoup le style tranche de vie, mais ça a sûrement contribué au fait qu’il m’arrivait encore de perdre le fil sur les personnages et leur relation.

…mais un style qui saisit le lecteur !

Ces tranches de vie nous sont contés par les habitants de Leith, un quartier d’Edimbourg. La jeunesse écossaise des années 90, du moins une certaine jeunesse, est complètement désœuvré. J’ai aimé le style dur de Welsh, correspondant parfaitement à la vie qu’il nous dépeint. C’est parfois trash, et pas que dans le langage (certains nous en donnent à la pelle des « fils de pute » et des « tsais »), et il faut s’accrocher durant certains passages. On est captivé par l’humour, puis à certains moments on se dit « punaise, il va loin quand même! » mais c’est ça qui est bon !

La société invente une logique compliquée et fallacieuse pour absorber et transformer les gens dont le comportement dévie du courant général. Supposons que j’évalue tous les pour et les contre, que je sache que ma vie sera courte et que je sois sain d’esprit et tout mais que je veuille toujours me droguer ? Ils ne te laisseront pas faire. Ils ne te laisseront pas faire parce que c’est le signe de leur propre échec. Le fait que tu choisisses de simplement rejeter ce qu’ils ont à t’offrir. Choisis-nous. Choisis la vie. Choisis les plans d’épargne-logements ; choisis d’être dans un divan devant des programmes qui t’engourdissent la cervelle et émiettent ton esprit pendant que tu te bourres la bouche de saloperies. Choisis donc de partir en couilles, à l’hospice, baigné par ta pisse et trônant dans ta merde, embarrassant boulet aux pieds des morveux égoïstes que tu as mis au monde. Choisis de vivre.

De même, si j’ai mis un peu de temps à m’habituer à la structure décousue du livre, elle lui confère une atmosphère qui sied au récit. Elle nous immerge dans la vie désorganisée, et le mot est faible, de ces jeunes qui se droguent, essaient d’être clean, font des rechutes… J’ai eu l’impression d’être à leurs côtés. Un fil conducteur propret et un langage soutenu n’auraient pas collé. On se sent connecté à leur réalité. Et je peux vous dire que s’il est le témoignage d’une époque, ce récit colle avec des réalités qui subsistent. La drogue, le chômage, le désespoir, ce ne sont malheureusement pas des thèmes dépassés !

On se demande parfois ce qui lie vraiment cette bande de jeunes. Les personnalités sont hétéroclites, ils zonent ensemble de longue date et partagent les galères. Je ne saurais dire si je me suis attachée aux personnages. Certains sont antipathiques, mais je me souciais de Rents et de Spud. Je me suis dit que ces caractères hétérogènes permettaient d’éviter de faire des raccourcis clichés sur cette population : il y a des bons gars, des salauds, des personnalités plus nuancés, et c’est bien comme ça.

La fin est parfaite. Vraiment, elle m’a énormément plu. Je ne peux pas en dire plus sinon que j’ai donc conclu cette lecture en beauté.

En bref, ce livre a confirmé la loi de Pareto. J’ai eu un peu de mal les 20 premiers % mais je n’ai plus lâché le livre par la suite. J’ai adoré suivre ces personnages, et je me dis qu’une relecture m’offrira un nouveau regard sur ce roman culte. Nelcie m’a donné l’idée de le lire en vo la prochaine fois, pourquoi pas ! En attendant, je vais me pencher sur le film.

Et vous, l’avez-vous lu? Avez-vous vu le film ?

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7 réflexions sur “Trainspotting – Irvine Welsh

    1. Yep ! Film vu hier soir. Je serai bien en peine de dire quel support j’ai préféré, mais j’ai adoré le film qui a de la valeur ajoutée avec quelques scènes délirantes et parfaitement imagées ! Les acteurs sont géniaux, Spud comme je l’imaginais. Vraiment une superbe adaptation. Je comprends que le film soit culte !

      En fait, si on tient compte des 20% de livre où j’ai eu un peu de mal, j’ai préféré le film, mais certaines scènes du livre qui n’y sont pas m’ont beaucoup plu, ainsi que le ton de Welsh donc je ne peux m’empêcher de les voir comme complémentaires. ^^

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