Du féminin : écrivaine, auteure, autrice. Que voyez-vous ?

Oui, fermez les yeux, je vous dis « écrivaine » (mot dans le dico), que voyez-vous ?

Je ne reviendrai pas sur l’intégralité de la récente polémique concernant le clash ayant eu lieu sur le plateau d’On N’est Pas Couché (ONPC) alors que Sandrine Rousseau présentait son livre, encourageant la parole des femmes victimes de violences sexuelles.1, 6 Le terme clash désignant un affrontement entre deux personnes, je ne sais même pas s’il est approprié tant il semblait unilatéral… Je suis d’accord avec certaines paroles de Christine Angot, même si je me demandais si elle n’était pas hors sujet (le passage où elle parle d’un documentaire, sur la laideur des images…), et je ne vais pas critiquer la personne mais certains propos qui ont été tenus dans une émission à heure de grande écoute. Quoiqu’elle s’en défende, le point de vue de madame Angot est à mettre en lumière avec son vécu difficile, même si elle est « anti-victimisation ». Je ne pense pas que quelqu’un ayant vécu une vie sans agression aurait réagi de la sorte. D’ailleurs, les hommes ne réagissent pas, et c’est bien dommage. Il y aurait tant de choses à dire.  Je ne reviendrai donc pas sur l’intégralité de la séquence. 

Ce qui m’a frappé, ce dont j’ai envie de parler plus en détail, et qui pourrait passer inaperçu vu le reste de la séquence, c’est le moment où madame Angot dit « je suis écrivain, pas écrivaine (…) car quand je dis que je suis écrivain, dans la tête des gens, il y a quelqu’un en train d’écrire, et quand je dis je suis écrivaine, on dit « tiens, elle dit écrivaine », et on ne voit pas quelqu’un en train d’écrire, on ne voit pas une femme en train d’écrire ». Et madame Rousseau de rétorquer que là était bien le sujet, l’invisibilité, avis que je partage.

Sérieusement ? Rassurez-moi, même ceux qui utilisent « auteur » pour chaque sexe, cela vous choque à ce point de lire auteure, autrice ou écrivaine ? Vous voyez quoi si ne vous voyez pas quelqu’un en train d’écrire ? Parce que c’est ce que je vois, avec l’information supplémentaire qu’il s’agit d’une femme, c’est-à-dire une personne. Si ces mots ne sont pas accolés à des adjectifs, je ne vois pas ce qu’on peut voir d’autres à part une personne dont le métier est d’écrire, qu’il soit homme ou qu’elle soit femme.

A un moment, on a un passage très maladroit où on assimile « on écrit non pas pour être reconnue en tant que femme mais en tant que personne » = « et plus en tant qu’objet » donc femme = objet ? Scoop du jour : une femme est une personne. Je peux entendre son discours, à madame Angot, étant donné le contexte du livre. Nous ne pouvons pas dire à sa place ce qu’elle cherche comme reconnaissance. Mais je pense que les écrivains cherchent mille formes de reconnaissance car ce sont tous des personnes (hommes et femmes), des humains qui écrivent différentes choses, avec différents vécus, et cherchant certainement des reconnaissances différentes, voire peut-être aucune reconnaissance. Cependant son avis personnel est dit de manière tellement maladroite et comme « universelle » ! Et de renchérir derrière qu’on ne peut utiliser le féminin « écrivaine » réduit les femmes à bien peu de choses. C’en est même ridicule. C’est comme si je vous disais : je suis un lecteur ! Comme ça, vous voyez bien une personne en train de lire… parce que si je suis une lectrice, ce n’est pas ce que vous voyez.  Car les lecteurs aussi lisent avec leur sensibilité, leur vécu… Là, il s’agit de deux femmes ayant écrit à propos des violences sexuelles qu’elles ont subies, l’une se veut un écrivain indépendamment de son sexe, l’autre témoigne pour faire bouger les choses. Je trouve les deux positions légitimes, mais être reconnue en tant que femme, ce n’est pas une tare. Femme, comme homme, est synonyme de personne, d’être humain. C’est la moitié de l’humanité. Faut-il nier sa féminité pour s’affranchir de la femme-objet ? Elle illustre la spécificité de la femme dans l’imaginaire collectif, alors que les hommes peuvent aisément représenter tout le monde. Ils sont la neutralité.

Un écrivain ? c’est quelqu’un qui écrit. Une écrivaine ? C’est une pute !2 Voilà, c’est la seule explication que j’ai trouvée et remercie Monsieur Youn pour cette inspiration. 😊 Parce qu’à part quelqu’un qui écrit, je ne vois pas ce que l’on peut voir. Sincèrement.  Veut-elle dire victime ? Qu’elle lise Edouard Louis : toute personne qui témoigne -ou romance- sur ce qu’il a vécu en est forcément influencé. Ce n’est pas une question de genre. 

Je n’ai rien contre les gens qui se refusent à utiliser le féminin de « auteur » car à l’école on a bien appris qu’auteure ou autrice n’existait pas, que le masculin l’emporte sur le féminin en cas de pluriel et certains petits malins de rigoler, seule règle qu’ils retiendront du cours de français, parce que c’est bien la preuve que les femmes sont inférieures. Règle de la neutralité plurielle que j’utilise pour simplifier ma vie. Certes. Mais là on parle de singulier. On parle d’une écrivaine, à quoi ça sert de la neutraliser (mot à double sens) ? Peur de ne pas être prise au sérieux ? Et vous trouvez ça normal ? Dans ce cas, doit-on prendre au sérieux une lectrice, une avocate, une infirmière, une maitresse d’école, une chancelière, etc.

Bref, on est formaté à employer « auteur » si on veut utiliser la bonne orthographe. Même si j’utilise « auteure », je sais que c’est un usage que j’emprunte aux québécois, j’avoue qu’autrice sonne un peu bizarre à mes oreilles. Cela ne devrait pas, car lorsqu’on se renseigne, c’est un usage plus que correct et nous sommes formatés à le nier ! 3, 4, Les académiciens nous l’interdisent, c’est donc la règle.

Or, nous ne sommes pas impuissants face aux mots, sauf lorsqu’un professeur de français nous corrige, car le langage évolue. Nous ne sommes pas tenus d’obéir bêtement. Il semblerait qu’autrice fut utilisé au 17ème siècle. Les mots sont importants, il suffit de penser au novlangue (1984, Orwell), oui ils ont un impact. Ceux qui défendent avec ferveur la non utilisation du féminin pour désigner l’auteur ou l’écrivain, sous prétexte qu’ils défendent l’idée du neutre en français… je dis que c’est de la mauvaise fois car ce neutre n’existe pas pour tous les métiers, et qu’on sait très bien qu’il existe des problèmes de représentation de la femme dans les milieux intellectuels où elles sont pourtant bien présentes. (exemple des programmes scolaires). Donc ne soyons pas hypocrites avec des excuses en carton pour légitimer tout ça, car c’est comme ça depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne, mais réfléchissons vraiment à la question.

Je vous encourage à lire les sources que j’ai trouvées, car je n’ai fait que pousser mon coup de gueule et ces personnes, mieux informées, vous expliquent pourquoi il n’est pas aberrant d’utiliser le mot autrice.  

Comprenais moi bien, je n’ai rien contre les personnes choisissant d’écrire « auteur », « écrivain », donc ne vous sentez pas visés si tel est votre cas. C’est l’argumentation du pourquoi qui m’a frappée et indignée. C’est ce qu’il y a dans « la tête des gens », de certaines personnes, pour qui une écrivaine ne peut être prise au sérieux. Je me suis dit que là, ce n’était plus un problème de français, plus un problème esthétique de la langue, mais bien de la misogynie. 


C’est un article que je voulais écrire depuis des mois, car j’étais dans l’embarras, dans mon petit formatage scolaire. Et je voulais changer ça, écrire un article pour relayer mes sources et dire « voilà, dorénavant j’utilise autrice, même si je sais que ce n’est pas dans le dictionnaire, voilà pourquoi et merci de le respecter. » Cela fait des mois, et cette polémique m’a fait prendre conscience que j’aurais dû sauter le pas depuis longtemps. Au début, ça me fera bizarre, car j’ai été éduquée à ne pas l’employer. Mais il est vrai que j’utilisais « auteure » car je n’assumais qu’à moitié, car ça sonnait plus esthétique, par habitude. Mais autrice est finalement l’usage le plus logique à mes yeux, je me dois donc de l’utiliser. Ou écrivaine, qui est bien d’ores et déjà dans le dictionnaire depuis longtemps, n’en déplaise à certains. Pour autrice, ça viendra si on l’utilise. Non, nous ne sommes pas impuissants face aux mots et le dictionnaire évolue chaque année, ce n’est pas pour rien.

Sources :

1.Vidéo de l’intervention ONPC : https://www.youtube.com/watch?v=ne6DS_h9nwI

2.Vidéo Mickaël Youn : https://www.youtube.com/watch?v=GqqCgtxWf0E

3.Auteur, auteure ou autrice : http://www.audreyalwett.com/auteur-auteure-ou-autrice/  

4. Auteure ou autrice : un mot qui dérange. http://information.tv5monde.com/terriennes/auteure-ou-autrice-un-mot-qui-derange-23114  

5. Le masculin et le féminin : http://www.liberation.fr/chroniques/2014/10/31/le-masculin-et-le-feminin_1133582

6. Référence du livre de Sandrine Rousseau : Parler-  Violences sexuelles, pour en finir avec la loi du silence, Sandrine Rousseau, éditions Flammarion, 27 septembre 2017, 220 pages.

Autre source :

Dites écrivaine, pas écrivaine, le guide pour lutter contre les stéréotypes de sexe : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/05/01016-20151105ARTFIG00248-dites-ecrivaine-pas-ecrivain-le-guide-pour-lutter-contre-les-stereotypes-de-sexe.php


16 réflexions sur “Du féminin : écrivaine, auteure, autrice. Que voyez-vous ?

  1. Je me permets de réagir à plusieurs niveaux… tout d’abord, on l’a vu, le sujet était sensible pour deux femmes ayant vécu l’horreur. Seule une femme dans leur condition (je pense) est capable de comprendre la véhémence de cet échange. J’en suis. Et je me range du côté de Mme Angot. Simplement, je pense, parce que le traumatisme est arrivé avant que nous ne soyons devenue des femmes à part entière, contrairement à Mme Rousseau qui était une femme adulte. Elle a grandit avec une image d’elle-même belle et quelqu’un a tenté de la réduire à l’état d’objet. Alors que pour Mme Angot, avant même d’avoir eu le temps de s’épanouir, elle a été brisée en plein vol. Je connais ce sentiment de tout faire pour devenir transparente… il a fallu de longues années et beaucoup d’amour pour que j’ai envie de « me faire belle », par exemple. Mais certaines réactions épidermiques ne disparaîtront jamais, à l’instar de Mme Angot. Et voilà où le bât blesse ! Pendant des décennies, on a écrit « auteur ». Honnêtement, c’est un peu des considérations féministes qui y ont accolé un « e ». Ni plus, ni moins ! Si la cause de la place des femmes est à défendre, on est d’accord, je pense que l’orthographe n’est pas une bonne arme… personnellement, je lis des auteurs féminines. Mais il est évident que ni Mme Angot ni moi ne sommes des portes-paroles convenables pour cette cause… parce que nous n’avons pas grandi protégées du Mal avec pour seule nécessité de protéger notre image de femmes… s’il vous plaît, ne lui tener pas rigueur d’être humaine… j’aurais pu prononcer chacun de ses mots… essayons simplement de pardonner à Laurent Ruquier de ne pas avoir senti venir le fiasco…

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    1. Il y avait une chronique du site Arret sur images qui résume bien le débat et ta réaction. Angot est une écrivaine de droite, c’est-à-dire qu’elle pense que rien ne peut changer, que les femmes seront perçues comme des objets pour toute l’histoire de l’humanité, que c’est dans sa nature et qu’il faut s’y faire. Nous (et toi en particulier ici, Lectoplum), nous avons une réaction de gauche, c’est-à-dire que nous disons : et si on changeait les choses ?
      Donc je suis entièrement d’accord avec toi ! Mais en attendant que les choses changent, parfois il faut faire des compromis. Par exemple, Vénus Khoury-Ghata ne veut pas être appelée « poétesse », parce qu’elle dit que c’est un terme méprisant, elle préfère être appelée « poète »…

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      1. Oui, changer les choses me parait plus motivant que l’immobilisme. Je me suis dit que si jamais je lisais un livre de Mme Angot, j’écrirais « auteur » puisque sa perception n’est pas la mienne. 😊

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    2. @Lecturesdudimanche : entièrement d’accord, il y a beaucoup de gens qui ont réagi en insultant Christine Angot et ça ne mène à rien, ça prouve qu’ils ne cherchent pas à comprendre… Pour le point linguistique, je pense que l’orthographe est une bataille considérable (parce que les langues les moins féminisées sont celles où les gouvernements sont les plus masculins, nous apprend la sociologie), et un certain nombre d’écrivaines recommandent le terme d’autrice, qui existe depuis aussi longtemps que la langue française…

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      1. Ce sont des considérations sociologiques effectivement à prendre en compte… c’est bien pourquoi je pense que certaines d’entre nous mènent le débat avec brio et d’autres (moi incluse) ne peuvent pas y entrer parce que le vécu ne permet pas un recul suffisant. Nos arguments sont dictés par l’émotion et ce n’est pas ainsi que les choses bougent. Mais je me devais d’intervenir… j’avoue que je ne connais Mme Angot que par ses interventions dans ONPC et que jusqu’ici je ne l’aimais pas vraiment. Non pas que ça ait changé, jusque pour le coup, je la comprends…

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    3. Tout à fait. Je trouve le lynchage contre elle déplorable et je peux comprendre Angot malgré mon désaccord sur ce point. Je me suis en effet posée la question du recul qu’il était nécessaire d’avoir en tant que chroniqueuse (le passage écrit sur elle dans le livre n’a certes pas aidé) sur une chaine de service public, même en tant que « polémiste ». Mais je n’ai pas de réponse à ça. Beaucoup pensent qu’elle est blindée, parce que seule Mme Rousseau a pleuré devant la caméra, mais la colère est aussi l’expression d’une forte émotion. Comme tu dis, c’est humain. Je me suis demandée comment ils avaient pu ne pas le sentir venir, le fiasco…

      Peut-être qu’il existe un certain malaise à être une femme, se dire femme, et moi-même j’ai eu une mauvaise image de la femme durant mon enfance/adolescence du fait de mauvaises représentations et de certaines expériences. Donc il est clair que le mot « femme » renvoie parfois à du négatif (faiblesse, superficialité, etc.), mais ce n’est pas normal et bien la preuve que le féminisme n’est pas inutile, qu’il peut passer en partie par la langue. C’est vrai qu’à armes égales, il y aura toujours des gens pour ne pas prendre au sérieux une femme sur ce seul motif et je pense que c’est pour ça qu’elle a dit « dans la tête des gens, on ne voit pas une personne… ». Dit avec son vécu (dans sa tête ça a l’air d’être 100% des gens ><), mais en partie vrai malheureusement et à combattre.

      Sociologiquement, tout ceci pose question. Après je pense que toute personne est utile dans un débat tant qu’il se fait avec respect. 😊 Merci pour cet échange !

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    1. Merci pour cet article, je viens de le lire. Je ne l’avais pas vu dans mes recherches et je le trouve très éclairant sur le pouvoir de la langue. « Comme le dit Céline Labrosse dans son ouvrage, « le langage possède du pouvoir. Le pouvoir de faire apparaître ou disparaître la moitié de l’humanité. » En faisant disparaître les femmes de la langue, on fait disparaître leur contribution dans l’histoire et dans la société. » C’est très juste. Tout ceci me donne envie de lire des choses sur le sujet !

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  2. Wow, je n’ai pas du tout entendu parler du débat ! J’irai regarder ça, ça m’intrigue…
    Concernant ton article et les ressources, je dois avouer… Je ne connaissais pas du tout le terme « autrice » ! J’ignorais qu’il existait. J’utilisais « auteure », comme j’utilise « professeure », parce que ça sonne bien, point barre. Et puis, en plus, mes auto-correcteurs ne me les corrigent même pas ! Sans rire, depuis plusieurs mois / années, j’essaie de contenter au mieux tous les bords — binaires, non-binaires, transgenres etc, avec les pronoms neutres (celleux, ielles…), les noms aux deux genre auteur.e, professeur.e, aviateur.rice, etc…
    Maintenant que je sais que le terme « autrice » existe, je pense bien l’utiliser, en tout cas ! 😀

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    1. J’avoue que je ne connaissais pas ce terme non plus avant il y a quelques mois. Cela m’avait intrigué (croisé sur quelques blogs), mais j’ai vraiment saisi son importance il y a peu.

      Pour le débat, la polémique ONPC, je me suis focalisée sur ce « détail » du langage qui n’a pas fait beaucoup parler, en me disant que ce n’était peut-être pas un détail. La violence du reste de la scène l’a éclipsé.

      Si les ressources t’intéressent, un commentaire plus bas a mis le lien vers un article très intéressant -> http://www.huffingtonpost.fr/alpheratz/sexisme-francais-egalitaire-hommes-femmes_b_12086632.html

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  3. Un article super intéressant, j’étais passée à côté de ce débat.
    J’utilise le mot autrice et auteure mais c’est vrai que j’ai du mal avec écrivaine… Je trouverai peut-être ça normal dans quelques temps quand le mot sera entré dans les mœurs mais pour l’instant j’ai du mal. Je trouve qu’il sonne mal :p

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  4. Je pense que chaque victime d’une agression sexuelle réagit différemment. C’est probablement la raison pour laquelle ces deux femmes se sont opposées. Si rappeler que ce crime doit être puni et non dédramatisé (par l’appellation des faits et en culpabilisant les victimes), je peux essayer de comprendre que des victimes souhaitent l’oublier et que ramener le sujet sur le devant de la scène médiatique est un couteau dans une plaie qui ne cicatrisera peut-être jamais.

    Concernant la féminisation des noms, chaque mot nous fait penser à une image, une idée précise. Or l’association d’un genre renvoie à cette image Et un mot qui s’est féminisé fait référence à un combat par les femmes pour les femmes. C’est pourquoi, je pense, que cette féminisation est parfois mal vue. De plus, selon les contextes, l’usage est plus ou moins bien accepté. Personnellement, je n’ai aucun problème à dire « ma prof » mais j’ai du mal avec « ma professeure » (à l’oral, à l’écrit je n’ai aucune hésitation).

    Cependant je suis contre l’écriture inclusive, autant pour la tradition / les règles de la langue française que pour le sous-entendus (être obligé de rappeler que cela concerne les deux sexes, il vaut mieux l’ancrer dans les mentalités). Je préfère écrire les deux mots, masculin et féminin, car leurs existences prouvent que nous en avons besoin et donc que homme et femme peuvent faire cela !

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    1. Je suis d’accord sur leurs vécus et leurs réactions différentes mais compréhensibles. Ce qui m’a vraiment gênée au fond, c’est que l’une est l’invitée et l’autre chroniqueuse, ce n’est pas vraiment un débat horizontal selon moi et il est difficile à percevoir horizontalement. Mais c’est aussi l’émission qui veut ça, du « moi je » et du franc-parler de la part des chroniqueurs. Cependant, la journaliste a une position plus « légitime » que celle qui vient faire sa promo. Je ne sais pas si je m’explique bien. >< Et le présentateur n'a pas remis les pendules à l'heure.

      Comme toi j'ai du mal avec certains usages. Autrice me faisait très bizarre avant que je l'utilise, et "ma professeure", j'aurais aussi du mal à le dire et j'ai souvent contourné cet usage dans la vie réelle en disant plus souvent "mon professeur de.." et "ma prof de.." en abrégeant exprès. C'est fou ! Mais je ne sais pas si c'est par habitude, ou parce que c'est vraiment étrange !

      Pour l'écriture inclusive, je continue comme j'ai toujours appris avec les parenthèses du genre "cherche un(e) babysitter" lorsque c'est nécessaire, mais j'ai très peu l'occasion de l'utiliser. Je préfère aussi écrire les deux, comme on le ferait à l'oral. Cependant, je trouve les travaux sur cette écriture très intéressants du fait des remises en question que cela soulève.

      Il y a des questions que je ne me posais pas avant, mais j'avais des représentations négatives de les femmes et je ne veux pas les transmettre. Je vois que les gosses se posent des questions très tôt et ont vite fait de déduire leurs capacités en tant que fille ou garçon, de se fermer des horizons, voire de lisser leurs caractères pour se conformer. Mais c'est un vaste programme (la féminisation de certains noms est importante à mes yeux, mais si seulement il n'y avait que ça^^).

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      1. Il est vrai que la verticalité de la relation dans l’émission est problématique . Il aurait peut-être fallu faire une émission -ou une partie- avec d’autres personnes qui sont victimes ou des proches pour avoir une relation plus horizontale.
        Penser quelle place on propose aux enfants pour leur futur est important. Mais si je suis pour la féminisation des mots -bien qu’il faudra encore des années pour qu’ils entrent dans le langage courant-, l’écriture inclusive me semble un trop grand pas pour vraiment être acceptée. Mais je vais aller lire les travaux sur cette écriture pour en savoir plus.

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      2. Oui, pour le moment je pense comme toi pour l’écriture inclusive. En dehors des traditions, il y a cet aspect « compliqué » notamment pour les personnes qui ont des difficultés (l’enfer pour les dys!).

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