Dans la forêt – Jean Hegland

(Je poste peu d’articles, et je viens de retrouver ça dans mon ordi haha j’ai juste 10 pages sur ce livre… enfin bref. Je peux au moins vous dire que mon avis n’a pas changé depuis 1 mois)

Dans la forêt, Jean Hegland, éditions Gallmeister, 309 pages (vo : 1996)

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses. Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Résumé 4ème de couverture

A l’occasion du Book Club de Livraddict, je me suis lancée « Dans la forêt » de Jean Hegland. Je l’avais repéré lors de sa sortie aux éditions Gallmeister en 2017. Il me parait donc important de dire que ce livre date en vérité de 1996 malgré la traduction et donc médiatisation tardive dans nos contrées.

C’est donc l’histoire de deux jeunes sœurs, Nell et Eva, qui vivent en pleine forêt. Elles ont grandi dans cet environnement qu’elles ont très peu quitté. Elles font l’école à la maison et vont en ville de temps en temps (qui se situe à 50 km si je me souviens bien). Quand Nell entame son journal, elle nous conte les débuts de la fin de l’électricité, mais également le passé. Elle se remémore les moments en famille, notamment Noël.

« Nous ne sommes pas chrétiens, nous sommes capitalistes. Tout le monde dans ce pays de branleurs est capitaliste, que les gens le veuillent ou non. Tout le monde dans ce pays fait partie des consommateurs les plus voraces. »

Le père dit cela. D’emblée on comprend que malgré leur vie isolée, ils jouissent d’un certain confort et que l’adaptation au nouveau monde sera semée d’embûches.

Le synopsis, si vous l’avez lu, en dit déjà beaucoup sur ce que les deux sœurs vont vivre notamment le deuil. Rapidement, elles se retrouvent seules et vont devoir trouver comme survivre. Je ne veux pas en dire beaucoup plus, ayant décortiqué pas mal le livre lors du Book Club. J’ai mis des spoils que j’annonce, et il faut surligner pour les voir.

Ce livre regorge de symboles. Il y a des scènes « étranges » auxquelles il n’est pas toujours facile d’adhérer, mais qui servent cette symbolique. Selon moi, certains aspects sont moyennement crédibles mais nécessaires. Par exemple [spoil]il s’est passé énormément de temps 70% du livre et au minimum un an avant qu’elles se rendent compte qu’elles pouvaient cueillir des choses dans la forêt. Pour côtoyer des campagnards, je trouve ça peu crédible que des gens ayant grandi dans un tel environnement ne sachent pas au moins cueillir les fruits/plantes élémentaires. Par exemple, pas plus tard que le mois dernier, mon frère de 16 ans a trouvé des fruits en forêt, a su les identifier, même sans tout connaître de la forêt bien sûr. L’autrice l’explique quand même par le personnage de la mère qui craignait la forêt. Peut-être aussi que cela symbolise le rattachement au passé, l’attente d’un retour à la normale. Dès qu’elles se rendent compte que la forêt est nourricière, elles deviennent plus proactives. En exagérant ces traits de caractère, l’autrice compare ainsi le confort/la société de consommation VS la nature/la vraie survie/ce dont on a réellement besoin ou encore les savoirs académiques vs les savoirs ancestraux, l’attente d’être sauvée, la passivité VS la résignation puis l’affrontement avec la réalité.[fin du spoil]. L’héroïne est brillante académiquement, mais elle se rend compte que survivre n’est pas au programme de son encyclopédie… C’est tout de même un aspect intéressant, car via son journal, on peut voir tout le cheminement qui vont les mener à s’adapter.

Pour l’intrigue, c’est à la fois original et basique. On a du post-apo éloigné des classiques du genre (très loin de The Walking Dead^^), et on entre davantage dans la psychologique des personnages que dans la survie pure et dure. La forme journal est très bien, car on suit les deux sœurs dans leur cheminement.

J’ai bien aimé les deux protagonistes. J’ai eu du mal à m’attacher, ne m’identifiant à aucune des sœurs, mais je trouve qu’elles ont du relief. En revanche, j’ai trouvé que la mère n’en avait pas. On dirait qu’elle a dit une phrase dans sa vie et qu’on nous la ressort à toutes les sauces. En effet, ce livre nous rappelle deux choses essentielles. La première, évidente, est tout ce que la nature peut nous apporter. La seconde, c’est nous nous appartenons. « you are your own person ». Cette phrase revient souvent, tel un mantra que suivent les deux sœurs et qui vont les guider. Le personnage du père a davantage d’importance, bien qu’il soit moins creusé que les deux sœurs. Il y a un troisième personnage qui apparait, un premier amour, nommé Eli. Alors là, je l’ai trouvé très creux, presqu’inutile, mais il sert au récit également. Un peu plus de crédibilité aurait été bienvenue sur ce point. [spoil]Il confronte Nell à un choix : partir ou rester… Vu que son amour pour lui est superficiel, je n’ai pas cru une seconde qu’elle puisse partir même si elle fait un bout de chemin avec lui.[fin du spoil]. En revanche, la relation des deux sœurs est vraiment intéressante car d’abord fusionnelles, elles ont des personnalités et aspirations opposées. Cet aspect est vraiment intéressant et réaliste. (je n’ai pas de sœur mais d’autres participants au book club l’ont confirmé).

J’ai beaucoup aimé la fin, que pour le coup j’ai trouvé logique, crédible et satisfaisante. Finalement, les quelques bémols que je trouve à ce livre m’ont stimulée, car ils m’ont fait réfléchir et creuser pas mal d’aspect. Sous certaines incohérences ou étrangetés se trouvent des références lourdes de symbole.

En bref, ce ne sera pas un coup de cœur mais une très bonne lecture.


4 réflexions sur “Dans la forêt – Jean Hegland

    1. Oui, je me souviens avoir parcouru ta chronique, mais j’étais en passe de le lire alors je ne l’avais pas lu en entier pour conserver un maximum de suspens. Je vais rattraper ça. 🙂 En tout cas, je ne regrette pas du tout de l’avoir lu, mais j’avais peut-être trop d’attentes !

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    1. C’est vrai qu’elle est marquante. Malgré les bémols que j’ai soulevé, mon cerveau a posteriori ne retient que le positif. (je l’ai vu l’autre jour en édition Hatiers/classiques &cie collèges à la fnac, je ne savais pas qu’elle était étudiée mais ce n’est pas si étonnant!)

      Aimé par 1 personne

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