Les métamorphoses, tome 1 : Vita Nostra – Marina Diatchenko et Sergueï Diatchenko

Les métamorphoses, tome 1 : Vita Nostra de Marina Diatchenko et Sergueï Diatchenko (2019), éditions L’Atalante, 525 pages

Résumé 4ème de couv :

Vita nostra brevis est, brevi finietur…
« Notre vie est brève, elle finira bientôt… »

C’est dans le bourg paumé de Torpa que Sacha entonnera l’hymne des étudiants, à l’« Institut des technologies spéciales ». Pour y apprendre quoi ? Allez savoir. Dans quel but et en vue de quelle carrière ? Mystère encore. Il faut dire que son inscription ne relève pas exactement d’un choix : on la lui a imposée… Comment s’étonner dès lors de l’apparente absurdité de l’enseignement, de l’arbitraire despotisme des professeurs et de l’inquiétante bizarrerie des étudiants ?

A-t-on affaire, avec Vita nostra, à un roman d’initiation à la magie ? Oui et non.
On évoque irrésistiblement la saga d’Harry Potter et plus encore Les Magiciens de Lev Grossman.
Mêmes jeunes esprits en formation, même apprentissage semé d’obstacles. Mais c’est sur une autre terre et dans une autre culture, slaves celles-là, que reposent les fondations d’un livre qui nous rappellera que le Verbe se veut à l’origine du monde.

Mon avis :

Attention OLNI, Objet Littéraire Non Identifié ! C’est de la fantasy, mais de la fantasy qui désarçonne. Habituée tout de même à des univers concrets où les choses sont posées plus ou moins rapidement du genre : il y a des dragons, ok ; des bateaux vivants, pas de problème. Et là on a… bah une école super bizarre ! Tout commence quand Sacha, lycéenne, rencontre un homme étrange qui la « recrute » pour aller dans une certaine faculté dans un bled paumé où elle est censée apprendre « Les technologies spéciales ». Le truc, c’est qu’elle n’a vraiment pas le choix, et qu’on lui fait faire des trucs déconcertants.

La 4ème de couv parle d’Harry Potter, mais là où toute une génération de lecteur attend sa lettre pour Poudlard, personne n’attendra sa lettre pour l’institut de Torpa ou alors avec frayeur (ou alors quelqu’un de maso). Les étudiants y sont louches de prime abord, soit estropiés, soit ayant des tocs bizarres (aurais-je épuisé mon stock de synonyme du mot bizarre). Bref, oui étrange et mystérieux est le maître mot de ce récit.


L’univers, s’il n’est pas concret, est justement le mystère à résoudre. Sacha ne sait pas ce qu’elle va faire dans cette faculté, et elle n’est pas tellement plus avancée une fois qu’elle y est. Le lecteur va souffrir avec elle (je vous dis, il faut être maso pour suivre ces enseignements), essayer de comprendre, être désarçonné, mais sera tout de même très pris dans le tourbillon de cet apprentissage. Le lecteur devient même un peu maso à un moment. Il faut dire que c’est très prenant, facile à lire malgré la complexité de l’intrigue, et que si l’on n’envie pas vraiment ce que vit Sacha, on est fasciné par son évolution. En bref, j’ai adoré ce parcours initiatique mystérieux et prenant.

Il y a une vraie réflexion derrière ce livre passionnant ! J’ai oublié de dire que c’était inspiré des métamorphoses d’Ovide (je ne sais pas à quel point cela dit). Après, je n’en dis pas plus, car ça vaut le coup d’être surpris. Je ne savais pas du tout de quoi il en retournait, et j’ai adoré me laisser emporter par ce mystère. J’ai hâte de lire le reste de l’anthologie (car il fait partie d’une trilogie, mais si j’ai bien compris, les histoires n’auront en commun que le thème de la métamorphose).

Ce que j’ai ressenti me fait aussi penser à un de mes films favoris : Whiplash. A la fin, je suais sur mon canapé avec le batteur, éprouvant cette force de travail et cette volonté de réussir. C’est vraiment quelque chose qui m’a marquée dans ce livre, en plus de sa fin que je ne peux dévoiler. Je vous le conseille chaudement !

Quelques extraits :

« Le monde tel que vous le voyez n’existe pas. Quant à l’image que vous vous en faites, n’en parlons pas. Certaines choses vous paraissent évidentes et acquises, pourtant elles n’existent pas » (P103)

« Les phrases sans queue ni tête tournaient sous son crâne comme les chenilles d’un char d’assaut. Sacha lisait la vingtième section. C’était la deuxième semaine de son mutisme imposé et elle avait l’impression que le monde autour d’elle sombrait peu à peu dans le silence. » (p125)

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?


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