Watership Down – Richard Adams

Watership Down, Richard Adams, 541 pages, éditions Toussaint Louverture (1976)

Quel roman ! Par où commencer ?

Watership Down est un classique anglais d’aventure qui met en scène une bande de lapins. Attention aux premières impressions, ce livre n’est pas si jeunesse que ça mais plutôt un alliage délicieux de sucré-salé. Cette œuvre est née lorsque les filles de Richard Adams lui ont demandé une histoire. Cela ne vous rappelle rien ? A bien des égards, j’ai pensé à Tolkien et me suis demandée si Richard Adams ne s’en était pas inspiré. Nous retrouvons une carte en début de roman qui donne corps à l’univers. Même si l’auteur nous raconte l’histoire de lapins, il s’est d’abord beaucoup documenté pour éviter un anthropomorphisme grossier, mais en plus de cela il a créé toute une mythologie (et un langage, certes bien moins élaboré que celui de Tolkien) donnant toute une consistance à ce monde. Et pour finir, on a affaire à une belle épopée.

https://plus.lesoir.be/sites/default/files/dpistyles_v2/ena_16_9_extra_big/2016/10/28/node_66199/2438272/public/2016/10/28/B9710054724Z.1_20161028145609_000+GCI7RUT1B.3-0.jpg?itok=165AsYCC1477659519

Mais ça raconte quoi exactement ? Un groupe de lapin paisible vivent dans une hourda lorsque le jeune Fyveer a un pressentiment : quelque chose de terrible va se passer. Seul Hazel, son frère, décide de lui faire confiance. C’est le début de notre épopée vers la terre promise Watership Down. Je l’ai fait courte pour ne pas dévoiler l’intrigue. Il faut s’attendre à une aventure à hauteur de lapin, des lapins courageux qui fuient la violence des hommes et d’autres ennemies en ayant pour but non pas l’aventure mais la constitution d’un foyer tranquille et heureux.

Le chemin sera semé d’embûches qui seront contournés via le courage, l’entraide et la ruse. Il y a clairement des passages assez « difficiles » notamment quand on le lit avec des yeux d’adulte, percevant au plus près l’inspiration de l’auteur. Ce livre a été écrit en 1972, l’auteur a été marqué par la seconde guerre mondiale. Certains éléments de l’intrigue y font penser, et certains personnages sont inspirés de soldats qu’il a connus. Selon l’auteur, ce n’est pas une parabole. Cependant, on sent l’influence de la guerre par ses thèmes comme l’exil, les traumatismes de guerre, les différentes sociétés de lapin, la politique, le pouvoir. Également, l’influence négative des hommes sur la nature est dénoncée à de multiples reprises.

 » Risquant un œil à travers la verdure, ils entrevirent les flots sereins et scintillants, beaucoup plus rapides que ceux de l’Enborne. ils ne percevaient la présence d’aucun ennemi ni d’aucun danger, mais ils ressentaient le doute et l’appréhension de ceux qui arrivent par hasard en des lieux fascinants où leur existence semble dérisoire. En des lieux où ils sentent leur coeur défaillir en prenant conscience que tout cela existait bien avant qu’ils ne naissent et sans qu’ils en aient jamais rien su. En des lieux qui n’attendent rien de leurs visiteurs et les renvoient à leur insignifiance. Ils éprouvèrent cela comme n’importe quel voyageur débarquant en terre étrangère sans savoir ce qu’il va y trouver. Rien ne rend plus humble que d’arriver dans un endroit merveilleux et inconnu.  » (p 342)

J’ai également beaucoup aimé la structure du récit en quatre parties. Au milieu de la partie 1, je n’étais pas totalement convaincue. Puis, un élément survient et j’ai totalement été prise dans l’histoire. Dans chaque partie, il y a un apport mythologique telle une épopée fondatrice, de l’action et des résolutions partielles. Il y a plusieurs intrigues, sans perdre de vue le fil rouge, et de multiples réflexions sur la société notamment sur le prix de la sécurité et le besoin de liberté.

C’est hyper prenant. J’ai versé ma larme à l’épilogue, pas de tristesse mais d’émotion. J’ai vraiment hâte que Toussaint Louverture publie un autre roman de Richard Adams (les chiens de la peste n’est plus édité, mais il est annoncé dans les « prochainement dans notre catalogue » à la fin d’un de leur livre, je guette !!!)

https://www.consoglobe.com/wp-content/uploads/2020/05/lapin-de-garenne-lapin-commun_shutterstock_221992867.jpg

Je vous le conseille si vous aimez les romans mêlant fantasy et aventure avec un univers fouillé et des thèmes importants, là où l’imaginaire nous permet de toucher au plus près le réel.

Il existe plusieurs adaptation.

J’ai vu celle de 78 qui est un dessin animé (voir la première image) : j’ai beaucoup aimé l’adaptation notamment certains passages très esthétiques. Cependant, je préfère toujours le livre. icon_love Les détails manquants m’ont sauté aux yeux, sans doute parce que ma lecture était vraiment proche du visionnage. Forcément, en 1h20 (ou 30, mais pas plus), de nombreux éléments passent à la trappe. J’aurais d’ailleurs bien aimé le voir avec ma petite famille mais mon conjoint n’était pas tenté du tout (grrr), j’aurais bien aimé confronter ma vision avec quelqu’un n’ayant pas lu le livre.

Il y a aussi une série plus récente sur netflix que je regarderai peut-être, bien que je ne sois pas fan des graphismes. Si quelqu’un l’a vu, votre avis m’intéresse !


4 réflexions sur “Watership Down – Richard Adams

  1. Allez, petit clin d’oeil à ma nièce qui possède un lapin… le seul qui a échappé au grand massacre d’ailleurs xD
    En tout cas, cette lecture m’a l’air super sympa et je l’ai glissé dans ma wish-list.
    Encore un merci pour cette belle découverte et comme j’aurais tendance à collectionner des classiques en ce moment, autant continuer dans ma lancée 🙂

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s