Le premier été – Anne Percin

premier été

Titre : Le premier été

Auteur : Anne Percin

Date de parution : 2011

180 pages

Edition : Actes Sud (2014)

Collection : Babel

……..

Quatrième de couverture :

Deux soeurs se retrouvent une fin d’été en Haute-Saône, afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Depuis longtemps, Catherine, la benjamine, se tient loin de ce village… Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé fait surgir en elle des souvenirs précis et douloureux. Sa sœur aînée a fondé une famille, elle, non. Devenue libraire, c’est une femme solitaire. A l’adolescence, déjà, elle passait des heures dans les livres. Mais pour ce qu’elle a vécu ici, l’été de ses seize ans, l’été de sa lecture du Grand Meaulnes, « il n’y a pas eu de mots. Il n’y en a jamais eu, ni avant, ni après. C’est quelque chose qui ne ressemble à rien d’écrit. » Quinze années ont passé, et personne n’a jamais su quel secret la tenaillait depuis tout ce temps, le drame dont elle a peut-être été coupable. C’est une histoire d’innocence et de cruauté que nous raconte Anne Percin. Sensuelle et implacable à la fois, douce-amère comme tous les crève-coeurs de l’enfance.

Avis : 

Le premier été est une pépite. J’ai vraiment adoré ! Je ne peux pas trop en dévoiler au risque de vous gâcher la lecture. C’est assez difficile car le fait de vous informer sur les thématiques donne tout de même quelques indices…

Quand on lit la 4ème de couverture, on sait qu’on aura affaire à un drame. Mais c’est tout. Donc on se lance avec curiosité, et on ne voit pas trop d’où se profile le dit drame. On avance et on commence à savoir où l’auteure veut en venir, mais on se dit que la narratrice est traumatisée de pas grand-chose (il en faut pour me troubler !)… et finalement, on va de révélations en révélations. On ne s’attend pas à être touché et on l’est. Touché, et surpris.

De ce fait, il y a une forme de suspens dans cette lecture. D’abord, on ressent une certaine nostalgie. Si vous avez lu Le grand Meaulnes, vous serez encore plus dans l’ambiance de ce livre. C’était mon cas. Car l’auteur y fait référence et tous les souvenirs un peu étranges et pesants que j’avais eus en lisant ce livre me sont revenus. Et pourtant, je ne me souviens pas vraiment de ce livre. J’avais le même âge et un ressenti similaire à celui de la narratrice lorsque je l’ai lu (voir page 29), et je crois que ça a contribué au fait que je me sois imprégnée si aisément de l’ambiance.

Je cite, p87 :

Je me sentais, à l’approche de cet événement, un peu mal à l’aise, avec le pressentiment que quelque chose de funeste s’y jouerait, exactement comme à la fête mystérieuse du Grand Meaulnes. Je crois d’ailleurs que mon souvenir de cette lecture comptait pour beaucoup dans ma fébrilité.

Une fois l’ambiance bien installée, le drame se profile, mais d’une manière si banale que c’en est que plus saisissant au final.

C’est un livre qui aborde les thématiques des souvenirs, de la différence, de l’adolescence, de la sexualité, du groupe et de son influence. Au-delà de l’histoire en elle-même, c’est un livre vraiment intéressant.

Concernant l’écriture, je l’ai grandement apprécié. C’est à la fois simple et bien écrit, indéniablement. J’ai adoré l’écriture, je pense me jeter sur les autres livres de cette auteure dès que possible. J’ai aimé la métaphore qui accompagnait la fin de ce livre et qui exacerbe la sensibilité du lecteur. Je n’ai pas trouvé la narratrice forcément sympathique, mais j’ai pourtant ressenti beaucoup d’empathie à son égard.

Dès les premières pages, on sait que la narratrice éprouve une certaine culpabilité, et je l’a comprends. Je me suis gardée d’en juger en refermant ce livre. Peut-être aurez-vous une opinion divergente de la mienne à ce propos.

J’ai apprécié beaucoup de passages mais comptant le relire, je n’ai rien noté alors j’ai ouvert le livre au hasard et je pioche un extrait.

La sexualité proprement dite, je veux dire le plaisir, ça passait au second plan. A la limite, on expliquait aux filles comment en donner, jamais comment en recevoir. Il fallait se débrouiller dans une mer d’incertitude. Moi, je m’étais jetée à l’eau, très loin, directement en pleine mer, sans avoir jamais appris à nager.

Si vous aimez la littérature contemporaine, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre.

Il a été adapté en film, je n’étais pas au courant et c’est bien dommage car j’ai raté sa récente diffusion sur france 3 ! Voici la bande-annonce :

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