Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre

aurevoirAu revoir là-haut, Pierre Lemaitre, éditions Albin Michel, 564 pages (2013)

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d’eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l’exclusion. Refusant de céder à l’amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d’une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence. Bien au-delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, Au revoir là-haut est l’histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l’État, à la famille, à la morale patriotique responsables de leur enfer.

Je pensais que j’aurais vu le film d’ici la rédaction de ma chronique, mais le temps m’a manqué. Les deux supports ont l’air intéressant (le troisième, la BD, également d’ailleurs).

Je lis rarement des romans historiques, et celui-ci semblait tenir son intérêt de l’arnaque « d’une audace inouïe » dont faisait preuve les protagonistes principaux. Je m’attendais donc à un sacré suspens, d’autant plus que Pierre Lemaitre est connu pour ses thrillers.

Or, au niveau du suspens, il y a quelques longueurs et j’ai vite mis de côté mon intérêt pour l’arnaque. Le résumé (et la BA du film) me faisait poser cette question : qu’est-ce qu’ils ont bien pu inventer !? Or, si le livre n’a pas répondu à mon attente de ce point de vue, j’ai été comblée.

En effet, le point fort de ce livre, ce sont les personnages. Quelle belle surprise ! Ils ne sont pas forcément attachants, mais géniaux. Je pense à Henri, qui est détestable mais que j’ai adoré détester ! Les personnages principaux, eux, sont détruits par la guerre. L’un est blessé, l’autre a perdu son emploi et une bonne partie de sa vie d’avant. Pour le lecteur, il est évident d’avoir de la compassion pour eux, mais ce qui mobilisait les esprits à l’époque, c’étaient les héros, c’étaient les morts.

En le tenant contre lui, Albert se dit que pendant toute la guerre, comme tout le monde, Edouard n’a pensé qu’à survivre, et à présent que la guerre est terminée et qu’il est vivant, voilà qu’il ne pense plus qu’à disparaître. Si même les survivants n’ont plus d’autre ambition que de mourir, quel gâchis… p90

C’est donc sur les morts que l’énergie du pays va se mobiliser. C’est assez frappant avec du recul, mais on comprend sans peine cette obsession sur le moment. Nous-même avons appris à rendre hommage aux morts de la guerre plutôt qu’aux estropiés, auxquels on ne pense pas forcément. Du coup, niveau psychologie, on est servi ! Malgré quelques longueurs, il est très prenant par endroits, et ces mêmes longueurs permettent de développer le relief des personnages.

J’ai adoré la relation entre le père et le fils Péricourt, qui s’imbrique parfaitement dans cette intrigue et qui est très ironique. C’est vraiment mon point préféré du livre. Il y a leur relation avant et après la guerre. Et elle se clôt de manière époustouflante. Je ne peux en dire plus, car ça serait vous gâcher le plaisir du livre. Si le livre n’est pas humoristique, il est effectivement caustique ! Le génie du livre est là.

En bref, un livre historique qui m’a l’air de sortir des sentiers battus grâce à une psychologie développée qui témoigne bien de l’après-guerre.

Et il y aura UNE SUITE ! J’ai appris ça aujourd’hui, Couleurs de l’incendie, et j’ai hâte de la lire. 😊 Elle sort en janvier. Mais n’allez pas voir le résumé si vous n’avez pas lu le premier, il dévoile un peu la fin. Il a l’air de suivre particulièrement un des personnages qui m’a le moins captivée, celui de la sœur d’un des personnages principaux. Et si je l’ai trouvée un peu clichée par moment, j’ai hâte de voir comment il va développer ce personnage en particulier : être femme dans l’après-guerre. Tout un programme !


7 réflexions sur “Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre

    1. Difficile de tout lire ! J’aimerais bien voir ce qu’il écrit dans le genre thriller d’ailleurs.
      En tout cas, je garde un excellent souvenir de « Au revoir là-haut », je dois toujours lire la suite et voir le film (qui a l’air super) huhu Et oui, difficile de tout lire et le temps file vite ! ^^

      Aimé par 1 personne

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